Parcours de vie de Mademoiselle Jeanne

Melle Jeanne Melle Jeanne il y a 1 semaine
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jeanne gestin

Quand j’étais petite et que nous faisions de longs trajets en voiture, le grand jeu de mes parents, pour passer le temps, était toujours le même :

— Et si Jeanne nous racontait une histoire ?

— Pourquoi ?

Parce que je n’arrivais pas à structurer mes récits. Entre digressions et accumulations, mes histoires finissaient par n’avoir ni queue ni tête… ce qui amusait beaucoup ma famille, moi moins.
Ainsi, comme toute personne à qui il manque un sens, j’ai développé un talent compensatoire pour raconter mes histoires : l’écriture.

Là, mes parents ne se moquaient plus. Ma mère attendait chaque année avec impatience la fête des mères pour découvrir son poème, mon père avait la larme à l’œil en lisant les mots doux écrits pour son anniversaire…

Puis j’ai grandi et, après un baccalauréat obtenu sur le fil, ma mère m’a proposé de m’orienter vers des études en communication. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, mais je savais une chose : c’était à Rennes, capitale de mon indépendance.

La création publicitaire a été une révélation : imbriquer les images et les mots, jouer avec les concepts, trouver des accroches percutantes, adopter le ton d’une marque… Bref, je m’étais trouvée.

Premiers pas dans la vie active et le monde de la communication

Après l’obtention de mon BTS Communication, j’ai été embauchée par les deux entreprises où j’avais réalisé mes stages : à la librairie Dialogues, puis chez Publicis.
Pendant quatre ans à Brest, puis quatre ans à Rennes, j’ai appris le métier de rédactrice-conceptrice. J’y ai compris que les meilleures créations naissent de l’union des talents et que le travail d’équipe est la clé de l’épanouissement professionnel.

En 2008, l’agence de Rennes a été liquidée. Je me suis retrouvée en licenciement économique : perdue.

— Devais-je prospecter ailleurs ou changer de voie ?

J’ai alors entrepris un bilan de compétences et, après mûre réflexion, j’ai décidé de me lancer dans l’indépendance.

Un sacré défi ! L’indépendance signifiait démarcher, créer, corriger, optimiser, facturer, relancer… et recommencer.
J’ai appris de nouveaux métiers : secrétariat, administration, relation client, gestion de projet… et j’ai presque tout aimé (à l’exception des chiffres — je suis définitivement meilleure en lettres !).
Au fil des années, j’ai collaboré avec d’autres indépendants jusqu’à créer un collectif de professionnels de la communication fonctionnant comme une agence agile.

En 2012, avec ma petite famille, nous avons quitté Rennes pour revenir aux sources, près de Brest. Malgré ce déménagement, j’ai toujours réussi à maintenir le même chiffre d’affaires, tout en préservant du temps afin d’être autant mère qu’entrepreneuse.

Une nouvelle corde à mon arc : la formation professionnelle

À notre arrivée dans le Finistère, la CCI m’a contactée : elle recherchait une formatrice vacataire pour des professionnels en rédaction web. Comme pour chaque nouveau projet, j’ai répondu :

— Pourquoi pas ?

Je maîtrisais le sujet… avant de prendre conscience de mon traumatisme à l’idée de parler en public.

Pendant dix ans, je n’ai pas fermé l’œil la veille de mes journées de formation. Le syndrome de l’imposteur me collait à la peau, malgré les retours positifs de mes stagiaires. Peu à peu, mon offre s’est étoffée : communication digitale, réseaux sociaux, stratégie de contenus… Un jour, une stagiaire venue assister à un cours dans le cadre de sa « formation de formateurs », m’a dit :

— C’est exactement ce que l’on nous enseigne. C’était dynamique, participatif, très clair. Bravo, j’ai passé une excellente journée !

Depuis, la veille des formations, je dors à poings fermés.

De rédacteur publicitaire à écrivain public

Ces dernières années, en communication, par affinité et par conviction, je me suis orientée vers des clients engagés en responsabilité sociétale et environnementale (RSE). De fil en aiguille, j’ai réalisé de plus en plus de portraits et d’interviews, plaçant l’humain au cœur de chaque mission… et j’y ai pris un immense plaisir.

Faire parler les gens, les écouter réellement, poser les bonnes questions, synthétiser ou approfondir un discours, retranscrire fidèlement une parole, faire émerger des émotions… parce que chaque histoire est unique et mérite d’être racontée et partagée !

En 2025, avec l’arrivée massive de l’intelligence artificielle et la création de contenus en quelques clics, j’ai eu le déclic que seule la connexion humaine pouvait triompher de ce codage infini de lettres. C’est ainsi que je me suis tournée vers le métier d’écrivain public et de biographe.

Depuis un an, je communique sur cette prestation via mon site internet. J’ai accompagné, pour l’instant, trois clients dans l’écriture de leur discours de mariage. Bien que chaque expérience ait été différente, j’ai adoré adopter cette nouvelle plume, plus intime, plus exigeante et plus engageante que la rédaction publicitaire que je continue d’exercer auprès de mes clients fidèles ou les nouveaux qui préfèrent du contenu cousu main !

Correspondant local pour le journal : une nouvelle façon d’écrire!

Et puis, il y a deux mois, j’ai répondu à une petite annonce qui recherchait un nouveau correspondant local pour la commune de Plougastel-Daoulas. Encore un nouveau terrain de jeu à découvrir : rencontrer des gens, relater leur vie ou leur événement, écrire d’une autre manière, sur un autre support qu’est le journal Ouest France… Apprendre, s’adapter et se dépasser : voici un nouveau défi pour 2026… tout en continuant toutes les autres activités car choisir, c’est renoncer, non?

Suite au prochain épisode !

 

 

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